Le groupe « Les Brigandes », « nouvelle star » de la fachosphère ?

« Les Brigandes », ce groupe de musique ultra-conservateur composée de 7 jeunes femmes à la créativité débordante, connait une popularité grandissante dans tout ce qui touche de près ou de loin au milieu de la fachosphère. Sous leurs masques de loup, le groupe nommé ainsi en hommage aux insurgés royalistes vendéens, diffuse un message intégriste, complotiste et férocement hostile à toute différence. Un message où une France blanche, ultra-catholique et amoureuse de Poutine est idéalisée. Le groupe est mené par Marianne, porte-parole auprès des médias « alternatifs », appuyé par Maxime qui diffuse sur le site « Comité de Salut Public » les nombreuses créations musicales des jeunes femmes.

Les-Brigandes-à-deux-mains

Le problème de cette énième manifestation de haine sur internet, c’est la surprenante popularité de leurs vidéos : de 50 000 à 100 000 vues pour la majorité de leurs chansons. En quelque sorte des stars en devenir de l’extrémisme français.

Dans un entretien de Radio Brigande datant de Juillet 2015, disponible sur leur site www.comitédusalutpublic.com, les Brigandes s’attaquent à leur ennemi par le biais des chansons provocatrices. L’ennemi, c’est la mondialisation. Cet anti-mondialisme se traduit par le rejet des technologies, du libéralisme et de l’ouverture des frontières. Elles considèrent notamment les Etats Unis et les « lobbys mondialistes » comme la source de toutes les guerres et de tous les dérapages économiques. Une certaine hypocrisie apparaît dans ce message puisque les Brigandes utilisent largement les outils de la mondialisation et notamment les réseaux sociaux. Des outils qui leur permettent d’être connues au niveau national voire européen. Dans une perspective antimondialiste, leur aura n’aurait donc pas dû dépasser leur environnement familial. Ce mépris pour la culture occidentale engendre une admiration sans faille pour le régime russe de Poutine qu’elles considèrent comme  le « dernier bastion de l’Europe chrétienne ». Les Brigandes s’apparentent ainsi à la mouvance identitaire d’extrême droite, elles prônent un retour à l’ordre naturel où la famille, la patrie et la religion – chrétienne bien évidemment – seraient des piliers. Un clin d’œil nauséabond au régime de Vichy. La nostalgie pour la période de la Seconde guerre mondiale se retrouve également dans leur chanson « Le geste » puisque les 7 artistes rendent hommage au salut nazi. Cette même chanson réhabilite également le geste de la quenelle

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Inspirées par les délires complotistes, les Brigandes s’imaginent vivre dans un monde dirigé par les lobbys dont il-ne-faut-surtout-pas-citer-le-nom, mais qui au travers de leurs chansons, se révèlent être le fameux triptyque judéo-sionisto-maçonnique. Rien d’original ici, ce sont les mêmes poncifs que dans la mouvance soralienne qu’elles prennent comme référence dans une de leurs interviews. Elles accusent les élites juives de favoriser l’immigration musulmane dans le but de détruire la civilisation chrétienne européenne adhérant ainsi à la populaire thèse d’extrême-droite du « grand remplacement », titre de leur album. Autre prise de position extrémiste, les Brigandes rejettent les valeurs républicaines, promouvant le retour de la monarchie. Elles militent notamment pour la reconnaissance du génocide vendéen. Cette même défiance envers le régime républicain se retrouve dans leur chanson « Seigneur, je ne veux pas devenir Charlie ». Elles considèrent enfin les jésuites comme des traites de l’Eglise pour avoir modernisé la religion catholique. Dans la chanson « le Rat Jèze », elles qualifient ainsi le Pape François de « plaie de l’Eglise » à cause de son discours progressiste.

Mais comment expliquer un tel succès ? Les Brigandes ont un talent indéniable pour en dire juste assez pour ne pas tomber dans l’illégalité. Elles apportent également une touche de féminité dans une fachosphère plutôt masculine et profondément sexiste. Les commentaires Facebook des internautes « sous le charme », « et ce, en tout bien tout honneur », témoignent de cette fraicheur masquant leurs propos nauséabonds. Dans une fachosphère faite de vidéos trop longues et égocentrées, d’articles peuplées d’images choquantes et violentes, de blogs conspirationnistes ou négationnistes incompréhensibles, les Brigandes proposent chorégraphies, tenues affriolantes (mention spéciale à la danse du ventre du « Tango du Bidasse ») et « voix d’anges ». Le message reste quant à lui tout aussi violent et haineux.  Finalement, ce groupe réalise la prouesse d’être la symbiose de ce qu’est la haine extrémiste française : raciste, antisémite, homophobe, sexiste. Un relent cliché des groupes les plus extrémistes de la Manif pour tous. Extrait : « Deux hommes ont voulu me répondre, de honte je me suis enfui, car maintenant en ce bas monde, des hommes ensembles se marient ».

Leur intégration dans la fachosphère est donc évidente d’autant qu’elles ont en déjà compris tous les codes : talent pour le marketing avec vente de leurs « produits » ; présence sur les réseaux sociaux russes, anglais et allemands ; victimisation face « aux murs de censure » et autres attaques médiatiques et recherche du « buzz ».  Extrait d’un des derniers post Facebook de la page « Les Brigandes » du 25 février : « Quant à nous, nous nous réjouissons doublement : d’abord parce que cet article minable a permis à de nouvelles personnes de découvrir les Brigandes, d’autre part parce que ce déchainement de haine prouve bien que les Brigandes commencent à inquiéter les crapules qui peuplent les officines de propagande que sont les médias subventionnés »

Une créativité à surveiller tant pour la haine qu’elle insuffle que pour la popularité qu’elle rencontre. Une créativité à ne pas trop mettre en avant non plus pour qu’elles ne deviennent pas les prochaines pasionarias de la haine à la française.

Voir aussi : Racistes, homophobes, conspi… voici les brigandes by Guillaume Natas

1 Comment on Le groupe « Les Brigandes », « nouvelle star » de la fachosphère ?

  1. L’utilisation du génocide vendéen par ces nazillonnes doit être aussi dénoncé et ne pas laisser croire qu’il ne serait reconnu que par des tendances d’extrême-droite. Le premier auteur à l’avoir dénoncé, c’est Gracchus Babeuf, souvent présenté comme représentant de la tendance la plus à gauche des révolutionnaires. Gracchus Babeuf a parlé de populicide (assassinat d’un peuple) pour le massacre systématique des vendéens de tous âges jusqu’au nourrissons (le mot génocide n’existait pas alors). De nombreux historiens (généralement plutôt de gauche mais surtout pas royalistes ou d’extrême-droite) confirment la volonté de populicide (de génocide), d’extermination des vendéens par certains révolutionnaires. Ne laissons pas ces nazillons défendre les Vendéens assassinés par milliers !

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